Daniel Ortuño Centenero
Thèse débutée en 2018 sous la direction conjointe de Corinne Mencé-Caster (Sorbonne Université) et Montserrat Planelles Iváñez, et soutenue le 21 septembre 2024.
Composition du jury : Bernard Darbord (Université Paris Nanterre) , Olivier Biaggini (Université Sorbonne Nouvelle), Llúcia Martín Pascual (Universidad de Alicante), Hélène Thieulin-Pardo (Sorbonne Université), Marta Saiz Sánchez (Universidad Complutense de Madrid)
Titre de la thèse : Le verbe besar dans le contexte des relations interpersonnelles en castillan, français et catalan : étude morpho-sémantique, contrastive et diachronique
Résumé de la thèse
L’objectif de cette thèse est de réfléchir aux actualisations linguistiques du concept de /donner un baiser/ d’un point de vue contrastif entre le castillan, le français et le catalan en diachronie. De cette manière, il a été proposé une étude morpho-sémantique des unités verbales qui sont examinées d’un point de vue diachronique, afin de pouvoir identifier et analyser les différents facteurs socio-historico-culturels qui ont pu influencer leurs contextes et cotextes d’emplois privilégiés et entraîner ou non leur évolution sémantique. Pour ce faire, a été menée à bien une analyse contrastive et historique d’un corpus médiéval (XIIe et XVe siècles), constitué sur la base de traditions discursives. À partir d’un corpus de référence en langue castillane, a été élaboré un corpus français dit « antithétique» par rapport au corpus castillan, dans la mesure où il présente des textes qui relèvent de traditions discursives lyrico-érotiques qui n’existent pas en castillan. En miroir de ces deux corpus castillan et français, le corpus catalan permet d’affiner l’analyse en y incorporant le critère de durée. Il permet ainsi de montrer que le changement sémantique d’une unité lexicale comme baiser en français ancien (besar en castillan et en catalan) suppose une immersion continue et longue dans des cotextes favorisant la greffe de nouveaux sèmes, en l’occurrence, ici, de sèmes érotico-sexuels. Ce travail de recherche, de nature linguistique, s’appuie sur l’interdisciplinarité (histoire, littérature, sociologie, psychologie, philosophie) et suit une perspective cognitive elle-même fondée sur une approche onomasio-sémasiologique.